Cette après-midi de début Novembre 2008 (petit avancement dans le temps ^^), Marjorie sortit de chez elle. Il était 16 heures et elle devait aller faire les courses. Elle mit un manteau chaud et sortit sous le vent glacial venant de l'océan Atlantique. Elle jeta un regard vers le bord de la falaise. Deux vieux arbres tenaient encore debout sous les bourrasques de vent, et au loin on voyait la mer, très agitée ce samedi. Marjorie lui tourna le dos, et partit chercher son vélo. Elle sortit de chez elle, roulant sur la petite route couverte de nids de poule qui permettait d'accéder au village.
Quand elle arriva devant son épicerie, elle vit plus loin un attroupement de jeunes. L'un d'eux se retourna vers elle. Casquette, baggy, il avait tout l'air d'un parfait macho. Marjorie déteste les garçons de ce style, elle les trouve ridicule, insolent, et peu respectueux des filles. Le mec s'approcha d'elle, suivit de sa bande de skateurs.
Le garçon : Bas alors Marjorie ! Toujours pas dépucelée ? Tu veux que Max te le fasse ?
La bande rigola, elle leur tourna le dos, ignorant leurs insultes et leur ricanements débiles. Puis elle rentra dans l'épicerie, fit ses achats, et repartit chez elle. Sur le chemin traversant les marais salant et menant chez elle, elle vit 200 mètres plus loin une grosse voiture noir arrêtée sur le bord de la route. Elle s'approcha d'eux, et s'arrêta à côté du véhicule. Un homme était au téléphone, et lui tournait le dos. Il avait de longs cheveux noirs aux mèches blondes que le vent faisait virevolter. Marjorie l'entendit parler.
« Ce n'est pas du français ça... »
L'homme : Scheisse !
Il raccrocha brutalement son téléphone, passa une main dans ses cheveux et se retourna. Il vit alors Marjorie, qui eut un mouvement de recul. Ses yeux étaient maquillés de noir, et son look était des plus marginaux. Il portait une veste en cuir noir, orange et rouge, ouverte sur un tee-shirt rouge avec marqué dessus « THE KING », un jean et des baskets. Son cou était orné d'un collier, dont le pendentif était une croix personnalisée.
« Quel frimeur celui là ! Et ses ongles peinturlurés en noirs ! Quelle mocheté ! »
L'homme s'approcha d'elle, et commença à parler dans un français, avec un fort accent germanique.
L'homme : Bonjour mademoiselle, je m'appelle Bill (on s'en fout XD) et nous sommes tombés en panne. Où pouvons nous trouver de l'essence pas loin ?
« Ah une panne... Bon ne fais pas ta timide et réponds lui ! »
Marjorie : Euh... Bonjour. Je n'habite pas loin, je dois sûrement avoir un bidon d'essence chez moi...
A ce moment, un autre homme sortit de la voiture. Celui-là était habillé normalement, il avait les cheveux blonds et courts, et avait l'air doux. Il échangea quelques mots avec le prétendu Bill et me regarda.
Bill : Le portable ne capte pas ici. Vous pouvez nous conduire chez vous ?
Marjorie hésitait.
« Si c'était des pédophiles qui veulent me violer ??? Non, ils n'ont pas l'air méchant, allez emmène les chez toi, donne leur leur essence et fais les repartir. »
Marjorie : Ou... Oui bien sûr. Mais... votre voiture ?
Bill se retourna vers son véhicule, et haussa les épaules.
Bill : On va la pousser, mais ça va pas être du gâteau... Chargez votre vélo dans le coffre, et vous allez nous conduire chez vous, ok ?
« Sa voix est douce, pas du tout pareil que cette bande de machos ! »
Marjorie : Ok ça marche.
Bill : Merci beaucoup mademoiselle ! TOM ! GEORG ! Let's go !
La fenêtre du conducteur s'ouvrit, laissant apparaître un visage d'homme, qui portait des dreads-locks blondes et de grosses lunettes de soleil.
Lui : Ok, je dirige.
L'homme blond au cheveux courts ouvrit le coffre, chargea mon vélo, et referma le coffre tandis qu'un autre homme sortait de la voiture. Il avait les cheveux assez longs et bruns, tous lisses.
Lui : P*t*in fais froid !
Bill : Tais toi Georg, et viens nous aider ! Et toi Tom, fais pas de conneries !
Tom : Ouais ouais...
« Donc je suppose que l'homme au volant s'appelle Tom, le brun Georg, le grand aux cheveux noirs Bill, et l'autre je ne sais pas encore... »
Les 3 garçons se placèrent pour pousser, je fis de même, mais une main se posa sur mon bras. Deux grands yeux marrons me fixaient intensément.
« Mon Dieu quel regard ! »
Bill : Vous n'allez pas pousser la voiture enfin ! Montez à l'avant avec Tom !
Marjorie : D'a... d'accord.
Bill se pencha à l'oreille de la jeune fille.
Bill : Il faut le guider avec des indications précises, son esprit de compréhension n'est pas très développé...
Marjorie rigola, Bill lui sourit. Elle monta donc à l'avant. Tous les sièges étaient en cuirs, c'était vraiment du luxe. Le conducteur tourna la tête vers elle, et Marjorie eut le temps de l'observer. Il portait un baggy, un tee-shirt XXL, un blouson de rapeurs et une casquette était posée sur ses genoux.
« Oh non ! Un skateur ! »
Tom : Installes toi ! Tu vas me guider jusqu'à chez toi. C'est encore loin ?
Marjorie : Non, environ 500 mètres. J'habite une maison sur la falaise.
Tom : Ok, je suis tes indications !
La voiture se mit à avancer, poussée par les trois garçons. Marjorie eut une pointe de culpabilité en les laissant pousser, mais elle n'était pas malheureuse d'être assise dans une Cadillac Eldorado non plus !
Une demie-heure plus tard, ils étaient enfin arrivé. Tom descendit le premier du véhicule, suivit de Marjorie. Elle partit voir les pousseurs.
Marjorie : Ca va ?
Bill : Un peu essoufflé, mais ça va ne vous inquiétez pas pour nous.
Bill lui fit un clin d'oeil, tandis que Georg déchargeait le vélo de Marjorie. Le jeune blond s'approcha d'elle.
Lui : Vous avez de l'essence alors ?
Marjorie : Oui, je vais la chercher !
Marjorie courut chez elle, et partit au garage. Elle fouilla pendant 5 minutes et dénicha enfin le précieux bidon, mais quand elle l'ouvrit... plus aucune goutte d'essence dedans. Elle revint à la voiture, bredouille. Les garçons discutaient entre eux.
Marjorie : Hem hem...
Ils se retournèrent tous en sursautant.
Bill : Vous nous avez fait peur !
Marjorie : Excusez moi, mais j'étais persuadée qu'il me restait de l'essence, mais non, rien. Je suis vraiment désolée !!!
Bill s'approcha d'elle.
Bill : Allons ne soyez pas gênée ! Vous avez bien le téléphone ?
Marjorie : J'ai juste assez pour m'acheter des vêtements et de la nourriture, je n'ai pas le téléphone. Désolé je suis nulle...
Bill : Enfin ne dites pas ça !
Marjorie : Je peux vous proposer le logis cette nuit, et demain nous irons au village. Il doit bien y avoir quelqu'un qui a un téléphone...
Tom : Volontiers ! J'ai faim !
Bill : Tom... Ne l'écoutez pas, c'est son ventre qui parle !
Marjorie rigola.
Bill : Au fait, comment vous appelez vous ?
Marjorie : Mon nom est Marjorie.
Bill : Très joli !
Marjorie rougit. Bill désigna Tom, Georg et le blond à tour de rôle et les présenta :
Bill : Voici Tom, Georg, et Gustav. Moi c'est Bill. Vous n'avez jamais entendu parler de nous ?
Marjorie : ...
Georg : On fait parti d'un groupe !
Marjorie : Lequel ?
Gustav : Tokio Hotel, ça ne vous dis rien ?
Marjorie : Pas du tout !
Bill : On te fera écouter !
Marjorie : Oui je veux bien. Bon il fait froid, rentrez !
Marjorie courut leur ouvrir la porte, et les garçons s'engouffrèrent dans la chaude petite maison de bord de mer.
1er chapitre... Vous trouvez ça comment ?